Ô nuit te revoici
C’est ainsi que la lampe
Allumée au chevet
Réduit à petit feu
L’espace emprisonné
Chaque souffle est un cri
Chaque cri un murmure
Et celui de l’horloge
Alignant ses aiguilles
La pluie toujours la pluie
Désagrège la vitre
Comme rideaux de fils
Que les vieux accrochaient
Approche donc ma familière
Dans le silence à petits pas
Le ciel est noir et pleure encore
Sur les étoiles disparues
Comme la tombe de Caïn
Mes murs trop fins n’arrêteront
Jamais cette ombre qui s’avance
Approche donc puisqu’il est tard
De lourdes pensées engluées
Aux bannières de mes défaites
Comme un drapeau tout déchiré
Aux tourbillons des vents contraires
Ô nuit te revoici
Qui vient repaître ton regard
Jaune de louve triste
Aux yeux ouverts que je te tends…