La neige et le Printemps
La neige et le Printemps
L’hiver était venu promettant à la ville,
L’immaculée blancheur d’une neige éternelle,
Doucement déposée sur le pavé docile,
Lisse douce et jolie comme un dais de flanelle.
Il est vrai que les bruits s’endormaient avec elle,
Qui recouvrait tout cri, d’un silence servile.
Il est vrai que le froid engourdissait les ailes,
Et le givre, les yeux et la voix des Sibylles
A la fin de l’hiver, quand la neige fondue,
S’écarta peu à peu comme un sang anémié,
Par la glace en son coeur c’est la pierre fendue,
Du pavé oublié que l’on vit en premier.
Alors on se souvint que la neige trompeuse,
Aussi froide et stérile anesthésie les coeurs.
Alors on se souvint que la neige se creuse,
Qu’il suffit d’un printemps pour en être vainqueur.
Christian Gastou
