Le fil ( poésie )
Voici un poème que j'ai le plaisir de vous présenter illustré d'une magnifique réalisation digitale de Ninou.
L'adresse de son site à visiter sans faute !
http://ninou1.blogspot.com/
Le passé déambule
Au seuil de mes pensées,
Fatiguées, noctambules,
Insensées.
Quand passent les instants, nous croyons aux bonheurs
Illusoires du monde, où coulent les rivières
De nos destins moqueurs.
Et puis l’on se surprend à guetter la civière,
Qui portera le deuil de nos derniers espoirs,
De l’ultime poussière.
Le monde existe-t-il, ou n’est il qu’un miroir,
Qui se crée du néant puis reflète notre âme,
Et nous la donne à voir ?
Le monde est-il un rêve où l’avenir se trame ?
Il est noir aujourd’hui, sera-t-il bleu demain ?
Une farce ou un drame ?
Le temps est-il gravé aux lignes de nos mains ?
Que faisons-nous de vrai,
Que faisons-nous de bon,
Par l’instant enivrés ?
Quel est donc cet exil
Où fuit le funambule
Accroché à son fil ?
En équilibre entre vide et néant, pourtant nous marchons ; et dans nos mains crispées tenons le balancier, espérant que bientôt l’abîme prendra fin…
Espérer et marcher, le soleil dans les yeux, aveuglés de lumière.
Espérer et marcher, dans le noir incertain d’une nuit sans étoile.
Sentir le lent balancement, au milieu du voyage, de notre fil de vie. Tutoyer les oiseaux ; être tenté une infinie seconde de se prendre pour eux, de rejoindre leur vol et la douceur de leur plume ; et reposer un pied devant notre pied arrêté et remarcher encore.
Mais si ce fil se rompait où donc iraient nos âmes ?
Le passé déambule
Au seuil de mes pensées,
Fatiguées, noctambules,
Insensées…
De tous nos « à quoi bon »,
Que nous reste-t-il
Quand finit la chanson ?