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Les jardins d'Aralf

Le fil ( poésie )

1 Septembre 2010 , Rédigé par Aralf Publié dans #Poésie

Voici un poème que j'ai le plaisir de vous présenter illustré d'une magnifique réalisation digitale de Ninou.

L'adresse de son site à visiter sans faute ! 

http://ninou1.blogspot.com/

 

le fil-Aralf

 

Le passé déambule

Au seuil de mes pensées,

Fatiguées, noctambules,

Insensées.

 

Quand passent les instants, nous croyons aux bonheurs

Illusoires du monde, où coulent les rivières

De nos destins moqueurs.

 

Et puis l’on se surprend à guetter la civière,

Qui portera le deuil de nos derniers espoirs,

De l’ultime poussière.

 

Le monde existe-t-il, ou n’est il qu’un miroir,

Qui se crée du néant puis reflète notre âme,

Et nous la donne à voir ?

 

Le monde est-il un rêve où l’avenir se trame ?

Il est noir aujourd’hui, sera-t-il bleu demain ?

Une farce ou un drame ?

 

Le temps est-il gravé aux lignes de nos mains ?

 

Que faisons-nous de vrai,

Que faisons-nous de bon,

Par l’instant enivrés ?

 

Quel est donc cet exil

Où fuit le funambule

Accroché à son fil ?

 

En équilibre entre vide et néant, pourtant nous marchons ; et dans nos mains crispées tenons le balancier, espérant que bientôt l’abîme prendra fin…

 

Espérer et marcher, le soleil dans les yeux, aveuglés de lumière.

Espérer et marcher, dans le noir incertain d’une nuit sans étoile.

 

Sentir le lent balancement, au milieu du voyage, de notre fil de vie. Tutoyer les oiseaux ; être tenté une infinie seconde de se prendre pour eux, de rejoindre leur vol et la douceur de leur plume ; et reposer un pied devant notre pied arrêté et remarcher encore.

 

Mais si ce fil se rompait où donc iraient nos âmes ?

 

Le passé déambule

Au seuil de mes pensées,

Fatiguées, noctambules,

Insensées…

 

De tous nos « à quoi bon », 

Que nous reste-t-il 

Quand finit la chanson ?

 

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N
<br /> Moi aussi je me pose de semblables questions...<br /> Je n'ai pas encore de réponse.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> un beau texte sur notre interrogation à tous : la vie, et après ?<br /> <br /> <br />
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N
<br /> Salut Aralf. Je retrouve dans ce poème des réflexions auxquelles je me livre aussi, en les énonçant bien maladroitement!<br /> <br /> <br />
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X
<br /> "J'ai lu ton blog et notamment cet article, à l'heure même où je me décidais enfin à en créer un pour mettre en ligne ma bien modeste production et cela a fait ressortir la question que je me pose<br /> de façon récurrente depuis longtemps : à quoi bon ? N'est-ce pas finalement le simple reflet d'une vague envie de paraître ?<br /> La poésie, dit-on, n'est plus lue et sauf à être un très très très bon, il devient impossible de se faire publier en dehors des éditeurs bidons à contrats participatifs, qui sont en fait de vagues<br /> imprimeurs ; et pourtant les blogs de poésie fleurissent sur le web et chacun y va de sa petite ritournelle... Faut-il vraiment rajouter de l'eau à ce moulin qui ne manque déjà pas de Sources bien<br /> meilleure que la mienne !?<br /> Voilà, c'était la petite réflexion morose de la journée !"<br /> <br /> Premièrement : quel mal y a-t-il à ce que chacun y aille de sa petite ritournelle ? Crois-tu que quand les fleurs se mettent à émailler les champs, elle se demandent si éclore au printemps a de<br /> l'intérêt puisque mille autres le font en même temps ? Mais si tout le champ est fleuri, ce n'est pas mal, même si ma fleur à moi n'est ni distinguée ni cueillie !<br /> <br /> Deuxièmement : l'envie de paraître est indissociable de l'envie de partager à travers cette parution... En quoi serait-elle mauvaise si elle vient d'un besoin profond ? Paraître, c'est une chance<br /> de rencontrer...<br /> <br /> Troisièmement : qui sait quel poète dans tout ce tas sera la voix que demain les hommes reconnaîtront pour la leur, la parole de leur temps ? Je crois que si nous pouvions faire un saut dans cent<br /> ans nous serions fort étonnés...<br /> <br /> Quatrièmement : la grandeur de l'éditeur ne fait pas la grandeur du poète. D'ailleurs "la grandeur d'un homme se mesure au nombre de ses échecs" disait Joë Bousquet.<br /> <br /> Cinquièmement : plus il y aura de gens pour écrire de la poésie, plus y y aura de chances que naissent des poèmes remarquables ou merveilleux. Ce terreau est l'engrais qui prépare les plus<br /> vigoureuses fleurs !<br /> <br /> Sixièmement : on ne poétise pas pour répondre à un à quoi bon, question qu'on peut se poser à propos de TOUT, et qui n' pas plus de réponse que le mystère même de la vie. On poétise parce qu'on<br /> aime ça, parce qu'on en a besoin, comme d'autres de faire du culturisme (à quoi bon ces gros muscles qui ne servent à rien ?)... Et accessoirement, pour apprendre un peu sur la vie en écrivant, car<br /> notre propre écriture peut nous apprendre un tas de choses, pour peu qu'on la laisse dire ce qu'elle veut et nous surprendre...<br /> <br /> Septièmement : nos civilisations fugaces et dématérialisées laisseront moins de traces matérielles que celle des Pharaons ou de l'empire chinois qui a bâti la Grande Muraille, c'est sûr. Il en<br /> restera des traces dans les esprits, fussent-elles inconscientes... Et s'il n'en reste pas, c'est que nous n'en valions pas la peine. Que nous importe, à nous, faiseurs de poèmes ? Nous n'écrivons<br /> pas pour rester dans des anthologies, mais parce que c'est notre façon d'exister et qu'elle nous apporte (à moi en tout cas) de puissantes satisfactions.<br /> Nous savons bien, vu que nous mourrons, que le ratage final nous attend, et que c'est une fiction de penser que, parce qu'après notre mort des gens se rediraient nos poèmes, notre vie en serait<br /> réellement prolongée. Mais transmettre un peu "d'âme" à ceux qui nous succèderont, si peu nombreux soient-ils, est un projet qui me sourit. Tant que l'humanité continuera, son "humanité" se<br /> nourrira de ce terreau, même si elle ne s'en rend pas compte. Poétiser, c'est donner à voir, à sentir, etc... comme le font les arts en général : par là, l'homme est plus homme, je veux dire<br /> l'humain plus humain, plus affirmé dans sa nature, et le mystère de l'existence en devient moins insupportable.<br /> <br /> J'arrête ici. On pourrait dire aussi que l'exercice de la poésie est aussi une sorte de remède pour ceux qui l'ont adopté comme thérapie...<br /> Salut, Aralf. Soyons vivants, et ne "suçotons pas notre noir caramel" comme disait Elytis !<br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Salut à toi et merci pour cette belle réponse à mes états d'âme. En effet, soyons vivants, c'est la seule véritable richesse que nous ayons...  <br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> je ne sais pas comment sera l'avenir ! En tout cas, le présent est souvent noir, sera-t-il bleu demain........bonne soirée C'est une belle poésie !<br /> <br /> <br />
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