Le secret de tes yeux
Le secret de tes yeux
Que n’ai-je donc écrit le secret de tes yeux
Et leurs eaux d’encre sombre, où naquirent un jour,
Mes rêves, mon bonheur, l’éclair de notre amour ;
Que n’ai-je mieux écrit la beauté de ces lieux ?
Que n’ai-je donc écrit la douceur de tes lèvres,
Où des mots attendaient, armés de patience,
Que ma voix veuille bien délivrer le silence ;
Que n’ai-je donc mieux dit ces mots emplis de fièvre ?
Que n’ai-je donc écrit la chaleur de tes mains
Se posant doucement où mon cœur faisait mal,
Quand l’automne s’en vint m’inviter à son bal ;
Que n’ai-je mieux écrit en attendant demain ?
Pourtant j’ai vu souvent glisser entre mes doigts,
Comme coulerait l’eau d’un chant désespéré,
Le sable de mes mots, sans savoir le serrer,
De cette main ouverte, étonnée d’être à toi…
N’aurais-je donc écrit que des mots inutiles,
Avant d'écrire enfin le secret de tes yeux ?