Financement des retraites : comment s'en sortir ( économie et société )
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J'ai dit à la création de ce blog, que ce serait un blog de poésie, mais que j'aborderai aussi des questions de société et d'économie (je suis économiste de formation...)
J'ai longtemps hésité avant d'aborder ce sujet, ô combien polémique, mais je me suis finalement décidé et je vais essayer de le faire de la façon la plus dépassionnée et objective possible.
Quels sont les faits ? Ceux que personne ni à droite, ni à gauche, ni au patronat, ni dans les syndicats ne conteste.
1°) notre système de retraite se fait par répartition et non pas par capitalisation. C'est à dire que les cotisations que nous versons aujourd'hui ne servent pas à payer nos retraites futures, mais servent à payer les retraites de nos vieux (enfin pas tous vieux !) d'aujourd'hui. A contrario pour les actifs actuels, nos retraites seront payées par les cotisations de ceux qui seront encore actifs lorsque nous même... enfin vous avez compris ! Ce système est bien plus juste socialement qu'un régime par capitalisation, ou seuls ceux qui en ont les moyens peuvent économiser pour se payer une retraite et la France est très attachée à ce principe social.
2°) L'évolution démographique (vieillissement de la population du à la structure de notre pyramide des âges et à l'augmentation rapide de l'espérance de vie, mettent ce système en déséquilibre. En effet le rapport actif (qui payent) sur retraités (qui encaissent) se dégrade.
Il faut absolument résoudre ce problème et rétablir l'équilibre.
Jusque là tout le monde est d'accord.
Quelles sont les solutions possibles :
1°) Le Deus ex machina de la croissance ! Et bien oui, c'est la meilleure solution. La croissance repart en flèche, la consommation augmente, le chômage baisse, les cotisations rentrent dans les caisses et permettent de payer les retraites ! Magnifique, mais en nous contentant de cette possibilité, nous ne maitrisons pas notre destin et de toute façon personne ne croit vraiment à une croissance forte dans les années à venir. En plus personnellement et je ne suis pas le seul, le mythe de l'arbre qui monte au ciel et de la croissance perpétuelle, je n'y crois pas. Notre planète elle même n'y survivrai pas; on touche là à d'autres doamines : l'écologie etc. Voir l'article sur Malthus que j'avais publié au tout début de ce blog...
2°) Comme il faut rétablir l'équilibre, cotisants/retraités on peut faire en sorte que les cotisants cotisent plus longtemps et que les retraités encaissent moins longtemps. La méthode proposée dans la vieille série de SF "l'âge de Cristal" n'étant pas d'actualité, cette solution passe par un allongement de l'âge de départ à la retraite (alors après 1 ans, 2 ans, plus... c'est un autre débat).
Vous aurez reconnu là, la solution mise en place par l'actuelle réforme des retraites.
3°) On ne touche pas à l'équilibre ou plutôt au déséquilibre cotisants/retraités, mais on traite le problème de façon purement financière. Et là on a de nouveau 2 options :
a) on laisse filer les déficits comme on le fait depuis pas mal d'années. C'est indolore, du moins dans un premier temps. Mais à terme on sait qu'on va dans le mur et à une catastrophe financière à la sauce grêque !
b) on rajoute de l'argent dans les caisses pour payer les retraités de plus en plus nombreux et de plus en plus coriaces ! Comme l'argent on ne peut le prendre que là où il est, cette option passe par des augmentation des prélèvements obligatoires (qu'on les appelle impôt ou prélèvements sociaux, personnellement je n'ai jamais trop vu la différence !). Bien sur on peut prendre de l'argent sur le capital, les grosses entreprises, les grosses fortunes, mais là aussi tout le monde sait chiffre à l'appui que cela ne sera jamais suffisant, même si socialement parlant il peut être juste et bien perçu de le faire. Donc c'est bien dans nos poches qu'il faudra puiser. J'entendais hier soir le grand patron du syndicat FO qui disait que pour sa part il était favorable (ou tout au m oins pas opposé)à à une augmentation de la CSG.
En résumé, il nous reste comme options
- travailler plus longtemps
- payer plus de cotisations ou d'impôts
Que chacun se fasse son opinion, sur cette tentative d'analyse dépassionnée ...
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