Le coq et la girouette ( fable )
Allez après un article "sérieux" une petite fable pour en revenir à quelque chose de plus léger... Quoique !!
Sur les lauzes du toit, au sommet de la grange,
Un bon vieux coq aimait souvent à se percher.
Il se disait « là-haut où nul ne me dérange,
L’endroit est idéal, aussi haut qu’un clocher,
Et ma voix porte mieux vers l’astre qui s’éveille ».
Mais un matin d’été, notre coq se levant,
Vit posée sur le toit une étrange merveille,
Un oiseau de métal qui tournait dans le vent,
Renvoyant le soleil de ses plumes vermeilles.
« Bonjour mon bel ami, que fais-tu sur ce toit,
A tournoyer ainsi ? » « Mon nom est Girouette
Et j’ai grande mission, mais parler avec toi
Me fait perdre mon temps. Tu chantes, tu caquettes,
Du matin jusqu’au soir, mais tu ne sers à rien ;
Et quand viendra l’hiver finiras dans l’assiette !»
« Cocorico ! c’est vrai ! Sans attache et sans lien
Je chante et je m’en vais où me portent mes ailes
Où je veux, quand je veux, je suis maître du vent.
Pour me faire admirer, de faire autant de zèle
Que toi je n’ai besoin et les poules souvent
M’aident à oublier que la vie est bien frêle !
Tu peux toujours tourner ! Au vent qui te bouscule
Croyant faire plaisir, tu n’auras nul amour,
Et ne sauras jamais, prétentieux ridicule,
Que Liberté vaut bien que l’on meure un beau jour… »