Le coeur anarchiste
J’aime les rues tordues qu’Haussmann a oubliées,
Que l’on parcourt sans plan, ni sans savoir vers où
Elles nous mèneront.
Les rubans sinueux serpentant dans les blés,
Que sans péage on suit le bras sur la portière,
Pour aller nulle part.
Les chemins de forêt qui pistent les ruisseaux ;
Les pierres des vieux ponts qui n’enjambent plus rien
Et l’ignorent pourtant.
J’aime les courants qui guident les bateaux,
Vers les îles perdues que jamais les marins
Ne dévoilent aux cartes.
J’aime la page ouverte au milieu d’un bouquin
D’où jaillissent des mots, des phrases qui s’imposent
Et deviennent des vers.
J’aime les cœurs battant sur un regard croisé,
Sans sélection avant du profil idéal ;
Rien qu’un simple parfum…
J’aime le hasard
J’ai le cœur anarchiste
.